mercredi 26 mars 2014



« Quant à l’attractivité du pays comment se plaindre ? En s’ouvrant […], le pays ne se vend pas : il s’impose comme territoire à forte identité […] dans un marché à destinations touristiques de plus en plus concurrentiel ». D. BOROTRA, maire de Biarritz »



Dans un petit village alpin d’un pays dont nous tairons le nom, les voyageurs pouvaient admirer dans les années 1970, une petite fontaine qui datait du haut moyen-âge. Cette œuvre d’un maître inconnu était une merveille de sensibilité, un miracle de ces artistes des cathédrales, modestes et pourtant sûrs de leur art. Elle ravissait le sens esthétique des voyageurs qui échappaient aux circuits ordinaires et comblait la curiosité historique de quelques spécialistes de l’histoire régionale - ou universelle. Elle se nichait sur la petite place du village, protégée par l’église paroissiale et les maisons qui l’entouraient.
Or, dans ces années-là, développement du tourisme oblige, elle fut « découverte » par un journaliste spécialisé dans la conception de ces guides de notre temps nomade.
Le petit village, par la magie du charme de sa fontaine, fut mis au menu de visiteurs nouveaux. Ce fut une forme de bénédiction pour les habitants et l’économie chancelante de la commune. L’exode qui s’amplifiait, se ralentit un peu. Rapidement ce furent des voyageurs individuels plus nombreux puis des groupes qui visitèrent le village et sa fontaine. On vit même des maisons s’acheter, se rénover. Monsieur le Maire voyait avec émotion, l’été, ces autobus des voyages organisés passer sur la place, s’y arrêter et donner un élan au petit commerce. Il fallut, au fil des années rénover des bâtiments, construire, refaire des routes. Ce n’était pas facile et il y a toujours des grincheux ... Les conducteurs de bus se plaignaient de la difficulté qu’il y avait à manœuvrer autour de la fontaine.
Les années passèrent. Les touristes étaient de plus en plus nombreux ; la circulation devint de plus en plus difficile sur la place du village. En 2002 enfin, il fallut, pour permettre le libre passage, détruire l’encombrante fontaine qui gênait le développement de la commune et devenait un obstacle « dans un marché à destinations touristiques de plus en plus concurrentiel ».

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